Promenons-nous dans l’histoire du quartier Sainte-Anne/Faubourg de Noyon...
 

Imaginez votre quartier il y a près de 200 ans tel que les frères Duthoit le représentent dans une vue cavalières d’Amiens datée de 1820 quand la ville compte alors 40 000 habitants.

 

Amiens en 1820


Comme la plupart des villes en France, Amiens, au début du XIXème siècle, est encore enserrée par des remparts médiévaux qui séparent fermement la ville2 de ses faubourgs. Entrer dans la ville ou en sortir nécessite de franchir des bastions et des portes fortifiées; pour notre quartier il s’agit de la porte de Noyon qui garde la route vers Saint-Quentin dont le tracé suit l’ancienne voie romaine entre Samarobriva [Amiens] et Augusta Viromandum [Saint - Quentin] et que l’on ne nomme pas encore le rue Jules Barni mais la grande rue du Faubourg de Noyon.
Au début du XVIIIème siècle, les remparts perdent leur aspect défensif et des promenades plantées d’arbres agrémentent leurs abords extérieurs; ainsi nait le Mail propice au jeu de mail, ancêtre du golf puisqu’il s’agit de pousser une boule de bois avec un maillet à long manche. Le démantèlement des remparts se poursuit au début du XIXème siècle pour laisser place à de larges boulevards toujours présents dans la ville actuelle. Le faubourg de Noyon commence à s’étendre le long des routes qui vont vers l’est (rue Jules Barni) ou vers le sud (rues Vulfran Warmé et Saint-Fuscien) mais le paysage reste très champêtre. À proximité de la porte de Noyon, l’auberge Saint-Antoine accueille les voyageurs ou les promeneurs du dimanche. La petite chapelle Sainte-Anne, accolée à cette auberge dépend de la paroisse Notre Dame de Saint-Acheul.

 

 

L’effacement des remparts dont le souvenir ne reste que dans le nom de la rue de la Contrescarpe3 et la courte rue du Fossé, facilite l’urbanisation du faubourg de Noyon sur la pente doucement étagée du versant sud de la Somme. La chapelle Sainte-Anne paraît alors bien petite et à l’occasion d’une opération d’urbanisme liée à la démolition de la porte de Noyon, l’auberge et la chapelle sont détruites pour laisser place en 1834 à la première église Sainte-Anne. Le nom de cette paroisse explique l’ambiguïté de l’appellation de notre quartier : quartier Sainte-Anne/Faubourg de Noyon.

À la veille de l’arrivée du train à Amiens en 1846, l’urbanisation continue de s’étendre surtout à l’ouest du faubourg comme on peut le voir sur ce plan daté de 1850 de l’architecte Charles Pinsard.

Sur ce plan, quatre remarques :

  • L’urbanisation englobe, à l’est et à l’ouest, deux bâtiments imposants et volontairement construits à l’origine, isolés des bruits et des miasmes de la ville : le grand séminaire et le couvent des Visitandines.
  • Le chemin de fer arrive à Amiens.
  • La seconde ceinture de boulevards (boulevard de Bapaume, de Saint-Quentin, etc.) n’existe pas encore.
  • La présence d’un terrain en creux dans l’étagement des terrasses de la rive gauche de la Somme risque de rendre délicate toute construction au point de rester encore visible dans le paysage actuel sous le nom de Fosse Noyon dont seule une partie est occupée par des jardins familiaux selon une tradition née à la fin du XIXème siècle.

Sur la droite, en s’éloignant de la ville par la porte de Noyon un bâtiment attire le regard. C’est le grand séminaire (54 Rue Jules Barni). Construit entre 1736 et 1741, le bâtiment est agrandi en 1779. Pendant la Révolution, le bâtiment n’accueille plus que des prêtres retraités et le Premier Empire en fait un hôpital militaire. En 1816 les Lazaristes4 y réinstallent le grand séminaire et procèdent à des nouvelles extensions en 1827 et 1877. En 1906, le grand séminaire est fermé et trois ans plus tard il est dévolu à l’armée sous le nom de caserne Dejean qui est désaffectée en 1999. Inscrit sur la liste des Monuments Historiques en 1993 le bâtiment est l’objet depuis 2013 d’une opération immobilière. Jouxtant ce bâtiment historique, au 56 rue Jules Barni, se trouve la Cité administrative construite après la 2nde guerre mondiale avec des parpaings roses fait de briques pilées récupérées sur tous les sites d’une ville détruite à 60% ; elle abrite encore diverses institutions : la cellule économique de Picardie, la Direction Départementale de la Protection Judiciaire de la Jeunesse, la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement, la Direction Générale de l’Équipement, l’Office National des Anciens Combattants.
Sur la gauche, en sortant d’Amiens par la route qui mène à Saint-Fuscien un autre bâtiment retient le regard (61 rue Saint-Fuscien). Construit entre 1839 et 1841, il accueille les sœurs de la Visitation Sainte Marie dites les Visitandines5 présentes à Amiens depuis 1640 dans le quartier Saint-Rémi. Chassées par la Révolution, elles réintègrent leur petit couvent en 1803 avant de s’installer dans des locaux plus vastes auxquels s’ajoutent une ferme et un jardin entre 1844 et 1846. Pendant quelques années (1848-1856) les Visitandines tiennent un pensionnat de filles.

Après le vote des lois sur la laïcité de l’État en 1904, les Visitandines abandonnent leurs locaux que l’évêché rachète à l’État pour y installer le grand séminaire en 1911. Durant la 1ère
guerre mondiale le bâtiment abrite un hôpital militaire et durant la 2nde, il est brièvement occupé par l’armée allemande. Au début des années 60 du XXème siècle quand la fermeture du grand séminaire se confirme, des menaces de destruction pèsent sur le bâtiment finalement racheté par l’État en 1975 et inscrit sur la liste des Monuments Historiques en 2009 tandis que le jardin devient propriété de la ville (parc Edmond Rostand). Actuellement le bâtiment accueille, entre autres, la Direction Régionale de l’Action Culturelle les Archives Départementales de la Somme.
Pour ces dernières, des travaux sont prévus à partir de juillet 2015 afin d’aménager une entrée du public directement rue Saint-Fuscien et une nouvelle salle de lecture sans oublier le nouveau bâtiment en cours de construction à Dury qui augmentera de 37 km de rayonnages les 22 du site actuel.

 

 

Vous voulez en savoir encore plus sur votre quartier ?  

cliquez ici : Histoire du quartier Sainte Anne Faubourg de Noyon



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